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> Mode bio, éthique et écologique - La griffe éthique


Pour beaucoup, le bio est exclusivement lié à l’alimentation. C’est vite oublier que la plupart de nos vêtements sont fabriqués à partir de fibres végétales susceptibles d’avoir subi des traitements nuisibles à notre santé et à celle de notre environnement. 

 

Prenons l’exemple du coton conventionnel (non bio !). Sa culture nécessite plus de 20% des pesticides utilisés dans le Monde(1). Très gourmande en eau, elle utilise les réserves nécessaires à la survie de nombreuses populations. Sans parler des OGM qui représentent aujourd’hui plus de 20% des plantations de coton. Quant aux techniques de blanchiment et de teintures, elles font généralement appel à des traitements chimiques toxiques (chlore, métaux lourds). Longtemps associés à l’esclavage, les plantations de coton apportent encore aujourd’hui leur lot de misère et d’iniquité : non respect des droits de l’Homme, travail des enfants, etc. Bien entendu, les textiles synthétiques issus de l’industrie pétrochimique ne valent guère mieux pour ce qui est de l’éthique comme de la santé. Sous l’effet de la transpiration, certaines substances volatiles comme les formaldéhydes (reconnues cancérigènes à hautes doses) peuvent être à l’origine de dermatites (2).

 

Sans sacrifier son élégance sur l’autel de l’éthique, il est très facile de ne pas encourager ces nombreuses pratiques destructrices pour l’Homme et la Nature. On peut par exemple opter pour le recyclage en renouvelant sa garde-robe à la friperie du coin (achats, dons, échanges…) et/ou privilégier les marques garantissant une origine « biologique » des matières premières (cultivées sans engrais chimiques ni pesticides) et des traitements naturels de transformation. Il existe également des marques dites « éthiques » qui offrent à leurs salariés des conditions de travail conformes aux exigences de l’OIT (Organisation Internationale du Travail). On parle de commerce « équitable » lorsqu’à la juste rémunération du travail s’ajoute le soutien à des projets collectifs de développement et un engagement sur le long terme avec les petits producteurs et artisans pour leur permettre de mieux résister aux fluctuations du marché.

 

Eco-textiles à l’honneur

Le coton bio est bien plus souple, plus doux et plus durable que le conventionnel. Exempt de pesticides, de chlore ou de métaux lourds, il est moins allergène. La laine, le bambou, le lin et le chanvre sont des alternatives tout aussi intéressantes. Ces deux derniers ont des propriétés assez proches. Peu gourmands en engrais et pesticides, ils présentent l’avantage de pomper les nitrates du sol. Légers à porter, ils sont également très absorbants et efficaces contre la transpiration. Certains synthétiques trouvent aussi leur place dans le palmarès des textiles alternatifs. On pensera notamment aux pulls et vestes de laine polaire, fabriquée à partir de bouteilles recyclées. La richesse de tous ces matériaux a inspiré de nombreux créateurs qui proposent une grande diversité de vêtements et d’accessoires de mode (sacs, bijoux…) pour tous, femmes, hommes, enfants, bébés, et pour tous les goûts. En 2006, un grand défilé de mode a été organisé sur le thème « Moda sin toxicos » (mode sans toxiques). Etaient proscrits des modèles les six principales substances toxiques qu’il est encore possible de trouver dans des textiles vendus en Europe : Plomb, nickel, phtalates, formaldéhydes, chrome et arylamine.

 

Comment reconnaître un vêtement respectueux de l’Homme et de la Nature ?

Il existe plusieurs certifications ou labels européens qui permettent de faire la différence. En matière de respect pour notre santé et celle de notre environnement on distingue :

  • SKAL/EKO (www.skal.com) et NaturTextil  (www.naturtextil.com) - Agriculture biologique. Transformation sans produits chimiques nocifs. Critères sociaux pour les salariés des filières certifiées.
  • Biogarantie (www.biogarantie.be) – Label belge garantissant des produits issus de l’agriculture biologique.
  • Demeter  (www.bio-dynamie.org) -  Fibres végétales et laine de moutons produits dans les règles de la biodynamie (respect des rythmes naturels des plantes comme des animaux).
  • Oeko-tex 100  (www.oeko-tex.com) – Textiles exempts de substances reconnues nocives pour la santé.
  • Oeko-tex 1000 – Textiles fabriqués dans des usines respectueuses de l’environnement
  • Oeko tex 100+ – Critères d’Oeko-tex 100 + 1000

Et pour ce qui est des critères sociaux à proprement parler :

  • Label social – Label belge visant à promouvoir les entreprises socialement responsables. Les vêtements « Label Social » ont été fabriqués dans le respect des critères de base de l’O.I.T.
  • Max Havelaar (www.maxhavelaarfrance.org), Transfair (www.transfair.org), Fairtrade Cotton certified (www.fairtrade.org.uk) – Certifications répondant aux critères internationaux en matière de Commerce équitable validées par la FINE, structure réunissant les principaux organismes oeuvrant pour le développement d’échanges plus justes. 

 

Stéphanie Mariaccia

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  1. L’OMS avance les chiffres de 22 000 morts par an dues à des intoxications par pesticides.
  2. Pour information, voir le rapport du WWF sur les toxiques qui nous entourent.

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